dimanche 19 avril 2015

33 : j'ai lu "Certaines n'avaient jamais vu la mer" de Julie Otsuka



J'ai découvert cet ouvrage en atelier d'écriture : l'animatrice a basé sa consigne sur l'énonciation très particulière de ce texte. Le narrateur, ou plutôt l'instance narrative utilise en effet le pronom "nous", ce qui donne un ton, une voix unique au récit. 

Au début du XXème siècle, de jeunes japonaises émigrent vers les Etats-Unis afin d'épouser des Japonais installés là-bas. D'eux, elles n'ont qu'une photo, une lettre. Elles découvriront que la photo date d'il y a dix ans, que les mots ont été écrits par d'autres, et que leur futur époux n'est pas banquier mais employé dans une ferme... Le "nous", c'est à la fois chacune de ces femmes et toutes en même temps. Le "nous" permet de raconter la blessure partagée de l'exil et les angoisses particulières ; l'horreur commune de devoir se donner à un inconnu et les destins particuliers ; les histoires universelles de femmes et de mères, et les émotions individuelles. Le récit s'achève sur la "disparition" de ces familles, internées dans des camps pendant la seconde guerre mondiale car soupçonnées de pactiser avec l'ennemi. 

J'ai certes été émue, mais pas autant que ce que j'attendais (je pense qu'on me l'a un peu survendu). La voix narrative est poignante, et permet de faire se cotoyer des morceaux de vies différentes, ce qui donne une grande beauté au texte. Mais parfois, l'accumulation produit un effet de trop-plein, et devient contre-productif. C'est un court roman de 135 pages, mais j'ai mis une bonne semaine à le lire tant les énumérations sont denses. J'en garde cependant un excellent souvenir. 

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