samedi 25 avril 2015

54 : j'ai lu "Ce n'est pas toi que j'attendais" de Fabien Toulmé



Fabien Toulmé raconte dans ce roman graphique la naissance et les premières années de vie de sa petite Julia, atteinte du syndrôme de Down, autrement dit de trisomie 21.

Mon avis est très partagé, et encore, le mot "partagé" n'est pas tout à fait juste.

D'un côté, je trouve la lecture de ce livre absolument indispensable, car c'est une véritable pierre ajoutée à l'édifice du vivre ensemble. La sincérité extrême de Fabien Toulmé y est pour beaucoup : il ose nous raconter ses préjugés sur la trisomie et les trisomiques ; il ose nous dire les jours pendant lesquels il n'a pas pu aller voir ce bébé qui lui était quasiment étranger, et les mois pendant lesquels il n'est pas parvenu à aimer cet enfant. Le lecteur le suit dans son cheminement, du rejet initial jusqu'à l'amour paternel absolu. Celui qui fait dire à l'auteur "Ce n'est pas toi que j'attendais, mais je suis quand même content que tu sois venue". On apprend en même temps que lui à apprivoiser cette maladie. Les quatre dernières pages m'ont arraché des larmes ; elles achèvent de faire passer Julia du statut d'enfant trisomique, à celui d'une petite fille pleine de vie qu'on a envie d'aimer comme n'importe quel autre enfant. 

C'est plutôt du point de vue artistique que cet ouvrage m'a un peu laissée sur ma faim. Ce n'est pas un roman graphique que je relirai comme ceux de Craig Thomson ou de Peeters par exemple. J'attends de ce genre un peu plus qu'une simple narration illustrée, j'attends que le langage graphique soit exploité de façon appronfondie et me dise un peu plus que le texte. Ici, à part à deux moments (le souvenir du début avec le poster du cycliste, et les pages sans bulles où le personnage donne un bain à sa fille), cette attente n'est pas comblée à mes yeux. 

Cela étant dit, je peux concevoir que la seule force du témoignage suffise pour beaucoup à faire de ce récit un incontournable. Et il est vrai que cette narration est un véritable cadeau de l'auteur. Merci Fabien Toulmé. 

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